Waterloo Region Neighbourhood Market Initiative

Commencé le 2011 |

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La Waterloo Region Neighbourhood Market Initiative gère deux marchés fermiers, un à Kitchener et un à Cambridge. L’objectif de ces marchés est de fournir aux membres des communautés de Kitchener-Cambridge et des environs des fruits et des légumes produits localement en été et en automne. Ceci permet aux agriculteurs locaux de vendre leurs produits à un prix équitable, donne l’occasion aux membres de la communauté de faire du bénévolat sur les marchés pour aider les vendeurs et permet de sensibiliser les gens et les familles à une saine nutrition.

Produits et services

Des légumes vendus sur les marchés de quartier de la région de Waterloo. La photo présente une table remplie de légumes. Des légumes frais sont empilés : épinards, betteraves, carottes, différentes variétés d’oignons et des légumes verts. À l’arrière-plan, on peut voir des gens faisant leur marché.
Des légumes vendus sur les marchés de quartier de la région de Waterloo.

Chaque année, il y a généralement deux marchés de quartiers dans la communauté de Waterloo-Cambridge. Plusieurs fournisseurs vendent toute une variété de fruits et de légumes frais et proposent des idées de recettes du marché à la table encourageant une alimentation fraîche et produite localement tout en s’amusant!

En plus d’acheter et de vendre des aliments, les marchés emploient des travailleurs communautaires spécialisés en nutrition qui apprennent aux consommateurs comment préparer les aliments qu’ils achètent de façon saine (p. ex. en donnant des recettes et des échantillons de mets préparés). Le Mill Courtland Market continue d’avoir un travailleur communautaire spécialisé en nutrition les jours de marché pour aider les familles à choisir des fruits et légumes frais et produits localement en donnant des recettes faciles à faire et qui utilisent les produits à bon escient. Il y a aussi souvent de la musique et des divertissements.

Parfois ces marchés organisent des événements spéciaux, comme des concours de dégustations de mets cuisinés par des restaurants du quartier avec les produits du marché. Pour rendre les produits plus abordables, des bons sont donnés aux femmes enceintes qui participent au Programme canadien de nutrition prénatale et aux personnes prestataires de services de travailleurs communautaires.

Impacts et résultats

Les marchés fermiers de Kitchener et Cambridge présentent des avantages directs pour la santé, l’économie et la communauté aux membres de la collectivité qui achètent les produits et utilisent les services disponibles dans ces marchés fermiers.

Les avantages des marchés de quartier.

Avantages pour la santé

  • Facilite l’accès à des fruits et légumes frais produits localement
  • Augmente le niveau d’activités physiques en encourageant la marche
  • Encourage les relations sociales en offrant un espace où les personnes peuvent se rassembler

Avantages économiques

  • Les marchés de quartier appuient les fermiers locaux et l’économie rurale en encourageant l’achat de produits cultivés localement. Pour les agriculteurs locaux, les marchés de quartier leur donnent l’occasion de vendre leurs produits à une époque où ils doivent faire face à la concurrence de produits importés.

Avantages communautaires

    • Les marchés de quartier donnent l’occasion aux agences communautaires et aux entreprises de collaborer pour servir le public
    • Et aux bénévoles de développer leurs compétences (p. ex. relations avec les clients, compétences en vente au détail, etc.)

« Les fermiers apprécient beaucoup qu’on les implique dans l’établissement des règles et directives du marché. Ils nous ont dit qu’habituellement ce n’était pas le cas et que par conséquent, ils se sentent beaucoup plus impliqués. » – Sanjay Govindarai

Succès

Les marchés ont vraiment réussi à faciliter l’accès à des aliments sains et produits localement, en particulier pour les personnes âgées et les personnes à faible revenu. Selon une personne impliquée dans le projet depuis ses débuts, le plus grand succès a été « de faire découvrir aux gens de la communauté les fruits et légumes frais et de faire la promotion de l’aspect local du projet ». Les gens ont maintenant accès à de bons aliments, mais surtout, comme le souligne un représentant d’Opportunities Waterloo Region, « les gens apprennent aussi comment cuisiner ces aliments. »

L’impact des marchés sur le renforcement des capacités communautaires est tout aussi, sinon plus, important. Un membre du conseil municipal de la Ville de Cambridge qui siège à un des comités organisateurs du marché explique qu’« il ne s’agit pas seulement de santé, mais que l’aspect social est très important ». Tout le monde est d’accord. Un coordonnateur du marché souligne : « nous ne voulons pas être seulement un marché fermier, nous voulons faire partir de la communauté ». Un autre ajoute : « ce qui est vraiment important, c’est que ça rassemble les gens… J’habite un immeuble d’habitation à deux pas d’ici et tout le monde attend avec impatience le prochain marché ».

L’aspect rassembleur du marché apporte un avantage marqué, car cela permet aux gens d’accéder à des ressources qu’ils n’auraient pas forcément découvertes autrement. Un des membres du personnel du centre communautaire remarque de « c’est vraiment bien de voir tous ces gens venir ici pour la première fois; ils viennent pour le marché; mais en même temps ils découvrent les programmes que nous offrons ». Un représentant d’Opportunities Waterloo Region observe qu’il « est très important d’entretenir des relations, car cela aide les gens à aller vers d’autres services de soutien et cela renforce l’ensemble du réseau social des gens ».

Enjeux et leçons apprises

Un des principaux enjeux des marchés de quartier est de combler l’écart entre un prix abordable pour la population ciblée et un prix équitable pour les producteurs. Un des objectifs de cette initiative est de faciliter l’accès des marchés à la clientèle cible, soit les personnes à faible revenu et les personnes vulnérables. Ceci représente un enjeu de taille, car il est tout aussi important d’appuyer les fermiers locaux en leur garantissant un prix équitable pour leur travail. Une des personnes responsables de la coordination du projet souligne : « vous voulez apporter des fruits et des légumes frais dans la communauté et particulièrement pour les personnes à faible revenu… mais vous voulez aussi payer le fermier à une valeur équitable et puis si nous voulons être autosuffisants, nous devons faire du profit. Alors, comment faire pour vendre de manière à soutenir les personnes à faible revenu et aussi les agriculteurs? » Le programme de bons cadeaux a en partie apporté une solution à ce problème. Ce programme fournit des bons d’une valeur de 5 $ qui peuvent être utilisés pour les produits vendus sur le marché.

Se conformer aux normes de santé publique relatives à la salubrité alimentaire, dépendre du beau temps, garantir que l’offre de produits répond aux besoins des gens et avoir un nombre suffisant de clients comptent également parmi les défis auxquels l’initiative des marchés de quartier est confrontée. Le coordonnateur du marché le plus petit des trois existants rapporte qu’environ 35 à 75 personnes par semaine viennent à ce marché. « Vous ne voulez pas le faire à moins qu’il y ait des gens qui viennent… alors, la promotion c’est très important. Nous faisons de notre mieux pour sensibiliser les gens qui viennent », dit-il.

Et d’ajouter, « Nous distribuons des recettes qui disent quoi faire avec les légumes. Mais, nous pouvons le faire uniquement s’ils viennent. Nous avons donc plus d’affiches et nous utilisons le bouche à oreille et chaque année nous attirons plus de gens. »

Une des leçons apprises est qu’il est essentiel d’avoir un ardent défenseur du projet pour faire progresser une initiative surtout au cours de ses premières années. « D’abord, ça prend beaucoup de temps de mettre en branle une initiative comme celle-ci et la Santé publique nous a aussi beaucoup aidés tout au long des premières années », explique l’un des cofondateurs du projet.

Il est tout aussi important d’avoir un ardent défenseur au début qu’il est essentiel que cet acteur obtienne l’adhésion de la communauté à ce projet et qu’il établisse des partenariats solides et durables avec les membres de différents secteurs. Un représentant d’Opportunities Waterloo Region explique qu’un des premiers militants dévoués à la cause « était un expert de l’engagement et du développement communautaire… ce genre de personne est indispensable… pour forger cette relation entre les entreprises, le gouvernement et le secteur à but non lucratif… il faut un leader engagé pour réaliser cela… quelqu’un qui ne s’attribue aucun mérite… quelqu’un qui motive et qui ensuite laisse la place à d’autres ».

« C’est ce que les gens veulent. Ils veulent acheter local et frais. Tout ce que vous voyez ici vient tout juste d’être récolté ». – Ali Kayed. M. Kayed est un entrepreneur familial exploitant cinq fermes. Il a soutenu les coûts qui ont permis au marché d’être ouvert plus longtemps.

Développement de l’entreprise et structure organisationnelle

En 2006, le Service de santé publique de la région de Waterloo a mené un processus de planification pour la mise en œuvre d’un système alimentaire qui comprenait la consultation d’un large éventail d’intervenants communautaires. Une des recommandations qui en a découlé portait sur le développement de marchés de produits frais dans les quartiers où l’accès à de tels produits était limité par des facteurs géographiques ou économiques. Le Service de santé publique s’est associé à Opportunities Waterloo Region, un organisme axé sur la réduction de la pauvreté, et a obtenu une subvention de la Lyle Hallman Foundation, qui a permis de lancer deux projets pilotes de marchés en 2007 et trois autres en 2008. Les aliments provenaient d’Elmira Produce Auction et étaient vendus sur les marches de quartier à un prix légèrement majoré.

Aujourd’hui deux marchés existent toujours. Celui de Kitchener et celui de Cambridge. Le Service de santé publique reste en lien avec les marchés, mais n’est plus réellement impliqué. Ce sont donc les organismes de quartier qui ont repris en mains la gestion. À Kitchener, les aliments proviennent maintenant de Jay West (un courtier en produits alimentaires local) et de plusieurs autres fournisseurs vendant des produits alimentaires transformés, alors qu’à Cambridge les fournisseurs sont en majorité des agriculteurs qui se livrent à la vente directe.

Ressources physiques

Les trois marchés dépendent de l’espace fourni gratuitement par la Ville de Kitchener et la Ville de Cambridge (soit deux stationnements de centres communautaires et un parc public). L’équipement du marché (tables, tentes, etc.) provient de dons et d’achats effectués à l’aide de subventions.

Ressources humaines

Chaque marché de quartier est coordonné par un employé à temps partiel pour la durée du marché. Le soutien des bénévoles constitue la plus grande part des activités du marché, même dans le cas du personnel rémunéré. De plus, quelques heures de travail proviennent de personnes qui peuvent intégrer les activités du marché à leur emploi, par exemple un employé de l’Armée du Salut qui œuvre en tant que travailleur communautaire en nutrition sur un marché, ou un employé du Community Resource Center de la Ville de Kitchener qui effectue du travail de soutien pour le marché.

Les ressources humaines les plus importantes pour les marchés de quartier sont les heures de bénévolat, que ce soit de la part du personnel rémunéré ou de la part de personnes qui ne sont pas rémunérées. Chaque marché a un groupe d’environ 12 à 15 bénévoles, qui agissent à titre de vendeurs, de membres du comité d’organisation et effectuent d’autres tâches telles que le montage et le démontage les jours de marché. Les vendeurs qui participent à deux marchés sur trois jouent également un rôle important.

Ressources financières

La Ville de Cambridge, Together for Health, la Fondation TD des amis de l’environnement, Centraide de la région de Kitchener/Waterloo et l’Association d’amélioration commerciale de la rue Preston ont fourni de petits montants d’argent. La principale ressource financière des marchés à ce jour est le financement de la Lyle S. Hallman Foundation, qui a fourni le financement de démarrage et le financement qui a servi à rémunérer le personnel de coordination à temps partiel pour chaque marché. Les demandes de financement à la Fondation ont été soumises par le Service de santé publique. Cette agence cherche à réduire son implication directe dans le projet, il est donc à prévoir que les futures sources de financement proviendront d’ailleurs.

« C’est quelque chose dont nous avons toujours besoin et les gens n’arrêtent pas de dire qu’ils ont peur qu’on ne soit pas capable d’ouvrir pour la saison. » Barb Chapman, coordonnatrice de marché.

Ressources communautaires et sociales

Les ressources communautaires et sociales mobilisées autour de ce projet sont jusqu’à présent les éléments les plus importants de son succès. Au fur et à mesure que le projet s’est développé, tant de partenariats ont été établis qu’il serait impossible de les répertorier tous ici. Quelques-uns des principaux collaborateurs et leaders, mis à part le Service de santé de la région de Waterloo et Opportunities Waterloo Region, comprennent l’Association d’amélioration commerciale de la rue Preston, la Paroisse St-Clément, Grand View Baptist Church, Langs farm Village Association, Alan Reuters Seniors Center, Highland-Stirling Community Group, Mill Courtland Community Center and Centerville Chicopee Neighbourhood Association, la Ville de Cambridge, la Ville de Kitchener, Waterloo Region Social Services, Mosaic Counseling and Family Services, The Working Center et l’Armée du Salut. Ces organismes ont travaillé ensemble pour fournir entre autres des travailleurs communautaires en nutrition, des bénévoles, des dons en nature y compris des téléphones, des tables, des locaux, des espaces d’entreposage, des heures de travail de la part de leur personnel et l’utilisation de leur statut d’organismes de bienfaisance pour la gestion de l’argent.

Financement

Le financement, en particulier en phase de démarrage, est essentiel pour réussir. L’initiative de Waterloo cherche à être moins dépendante des sources de financement externes. Une des stratégies allant dans ce sens est de réinvestir les revenus des marchés générant des profits dans les marchés qui ont de la difficulté. Cependant, ce genre de modèle demande beaucoup de travail et « beaucoup de temps pour la planification des activités… Il faut se demander comment faire pour concilier le tout… est-ce qu’on a besoin de trois marchés rentables pour les deux qui arrivent tout juste à atteindre le seuil de rentabilité… comment équilibrer tout ça? Nous devons planifier les activités », explique une personne impliquée dans le projet.

Indépendamment de ce qui arrivera avec le financement à venir, l’adhésion et la participation de la communauté à ce projet dans la région de Waterloo sont si importantes que le projet continuera d’exister même si le financement est interrompu. Un organisateur fait remarquer que « ça a atteint une masse critique, donc je ne pense pas que le projet s’arrête s’il n’y a plus de financement ». Une administratrice d’un groupe communautaire soutient la même chose. Alors qu’elle discutait de l’éventuelle interruption du financement extérieur avec le président de son conseil d’administration celui-ci lui a répondu : « ça m’est égal, on trouvera un autre moyen de financement ».

Avenir: atouts recherchés

Le principal atout recherché déterminé par les personnes impliquées dans les trois marchés est l’augmentation et le maintien du financement destiné à rémunérer la coordination des marchés toute l’année, mais aussi à de l’équipement comme des réfrigérateurs et à la programmation par exemple en matière de nutrition et de promotion de la santé. Les deux marchés dans lesquels les agriculteurs ne sont pas directement impliqués dans la vente aimeraient développer des liens avec les producteurs locaux, même si cela représentait un enjeu taille étant donné la petite taille de ces marchés. Enfin, un autre atout souhaité serait d’augmenter les partenariats et de maintenir des collaborations existantes. Par exemple, il serait bon d’engager le YMCA et les centres de services aux immigrants dans le projet.

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